La desaparición fósil de las luciérnagas: modernidad energética, genocidio cultural y nocividad industrial entre la Italia neocapitalista y la emergencia ecosocial
Résumé
L'article analyse la relation entre les imaginaires de la modernité fossile et les transformations culturelles dans l'Italie néocapitaliste, dans le but de proposer une réflexion plus large qui interpelle le contexte actuel d'urgence écosociale. Pour ce faire, il s'appuie sur Écrits corsaires et sur le roman posthume de Pier Paolo Pasolini, Pétrole (1993), dans lequel le poète, cinéaste et intellectuel italien explore l’histoire de l’ENI (Ente Nazionale Idrocarburi). D’abord conçu comme un projet de capitalisme national et anticolonial à visage humain sous la direction de l'entrepreneur Enrico Mattei, cet organisme public est devenu par la suite un prototype de la mondialisation néolibérale sous l’influence d’Eugenio Cefis. Selon diverses sources, les tensions autour de l’ENI auraient été à l’origine des assassinats de Mattei et de Pasolini lui-même. L'article examine le rôle que les récits audiovisuels et les paysages fossiles ont joué dans les imaginaires produits par l’ENI, en s’appuyant notamment sur l’analyse de deux films précis : I prigionieri del sottosuolo (Les prisonniers du sous-sol, 1956) d’Ubaldo Magnaghi, et L'Italia non è un paese povero (L'Italie n'est pas un pays pauvre, 1960) de Joris Ivens. Enfin, la dernière partie de l’article met en lumière la manière dont les imaginaires hégémoniques du progrès énergétique, promus par les documentaires de l’ENI, ainsi que la critique pasolinienne de l’hyperconsommation, ont été contestés par des actions et des mobilisations issues des nouvelles générations de militants, notamment celles liées à l’opéraïsme et au féminisme dans l’Italie des années 1960 et 1970.



