"La Dernière Bande" de Samuel Beckett. Missives sonores d’une auto-correspondance épistolaire
Résumé
Le présent article réalise une analyse de la pièce La Dernière Bande (1959) de Samuel Beckett à partir de l’interprétation de l’activité de son protagoniste comme une correspondance épistolaire avec soi-même au fil du temps, et à travers une nouvelle modalité de celle-ci : la missive sonore. Ainsi, l’auteur met en scène une écoute/lecture et un enregistrement/écriture épistolaire entre un je présent et son je passé/futur qui acquièrent une matérialité spatiale et temporelle par rapport à leur accomplissement littéraire. En outre, cette singulière auto-correspondance permet l’expression de la subjectivité du personnage y de sa scission intérieure, qui est mise en évidence par l’impossibilité de l’auto-reconnaissance et de l’auto-objetivation définitoires de l’activité épistolaire. La lettre devient donc un nouvel élément de l’indépendance de l’expression théâtrale face à l’expression littéraire que le Nouveau Théâtre défend et dont Beckett est l’un des plus hauts représentants.Format
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